Cheveux et cuir chevelu

Lichen plan pilaire

Alopécie cicatricielle inflammatoire : symptômes et traitement

Par Clínica Valorian·Révision médicale: Dr. Florian André Vallecillo Cabrera
Mis à jour le 23 juillet 2026· 5 min de lecture
Lichen plan pilaire

Le lichen plan pilaire est une alopécie cicatricielle inflammatoire qui peut entraîner une perte permanente de cheveux. Découvrez ses symptômes, comment il se diagnostique et les traitements disponibles pour freiner sa progression.

Qu'est-ce que le lichen plan pilaire ?

Le lichen plan pilaire (LPP) est une alopécie cicatricielle inflammatoire dans laquelle le système immunitaire attaque les follicules pileux, provoquant une inflammation chronique qui finit par les détruire et les remplacer par du tissu cicatriciel. S'agissant d'une alopécie cicatricielle, les cheveux perdus dans les zones où le follicule a été détruit ne peuvent pas repousser.

L'objectif du traitement est d'arrêter l'inflammation le plus tôt possible afin de préserver les follicules encore sains. Il peut toucher aussi bien les femmes que les hommes, bien qu'il soit plus fréquent chez les femmes d'âge moyen. L'alopécie frontale fibrosante est actuellement considérée comme une variante clinique du lichen plan pilaire.

Pourquoi apparaît-il ?

La cause exacte est encore inconnue. Il est considéré comme une maladie auto-immune ou immunomédiée, dans laquelle certaines cellules du système immunitaire attaquent de façon anormale le follicule pileux. Plusieurs facteurs interviennent probablement : prédisposition génétique, altérations immunologiques, facteurs hormonaux et facteurs environnementaux pas encore complètement identifiés.

Il n'est pas lié à une infection, il n'est pas contagieux et n'est pas causé par un manque d'hygiène.

Qui peut en être atteint ?

Il peut apparaître à tout âge, bien qu'il soit plus fréquent entre 30 et 60 ans, chez les femmes et chez les personnes ayant des antécédents d'autres maladies auto-immunes.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes peuvent varier selon le degré d'activité de la maladie. Les plus fréquents sont : chute progressive des cheveux, diminution de la densité, plaques d'alopécie, démangeaisons intenses, brûlure, picotement et douleur au toucher du cuir chevelu.

De nombreux patients décrivent une sensation de « brûlure » dans les zones enflammées.

À quoi ressemblent les lésions ?

À l'examen, on peut observer des plaques de perte de cheveux, un érythème autour des follicules, des squames périfolliculaires, une diminution progressive de la densité et une absence d'orifices folliculaires dans les zones cicatricielles. Lorsque la maladie progresse, apparaissent des zones lisses où les cheveux ne peuvent plus repousser.

Peut-il toucher d'autres zones ?

Oui. Bien que le cuir chevelu soit la localisation principale, il peut aussi toucher la barbe, les sourcils et la pilosité corporelle. Certains patients présentent en outre des lésions de lichen plan sur la peau, la muqueuse buccale et les ongles.

Comment établit-on le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur l'histoire clinique, l'examen médical du cuir chevelu et la trichoscopie. La trichoscopie montre habituellement un érythème périfolliculaire, des squames autour du follicule, des follicules isolés, la disparition des orifices folliculaires et des signes de cicatrisation.

Dans la plupart des cas, il est recommandé de réaliser une biopsie du cuir chevelu, car elle permet de confirmer le diagnostic et de le différencier d'autres alopécies cicatricielles.

Quels traitements existent ?

Le traitement vise à contrôler l'inflammation et à éviter la destruction de nouveaux follicules.

Corticoïdes. On peut utiliser des corticoïdes topiques de haute puissance, des infiltrations intralésionnelles et des corticoïdes oraux dans des situations particulières.

Inhibiteurs de la calcineurine. Des médicaments topiques comme le tacrolimus et le pimécrolimus peuvent être utilisés comme traitement complémentaire chez certains patients.

Hydroxychloroquine. C'est l'un des traitements systémiques les plus utilisés. Elle peut diminuer l'activité inflammatoire et aider à stabiliser la maladie. Elle nécessite des contrôles ophtalmologiques périodiques.

Antibiotiques à effet anti-inflammatoire. La doxycycline peut être utile chez certains patients par son action anti-inflammatoire.

Rétinoïdes. Dans certains cas, on peut utiliser de faibles doses d'isotrétinoïne ou d'acitrétine, surtout en cas d'inflammation persistante.

Immunomodulateurs. Dans les formes étendues ou résistantes, on peut employer le méthotrexate, le mycophénolate mofétil, la ciclosporine et d'autres immunomodulateurs sélectionnés par le spécialiste.

Minoxidil. Le minoxidil topique ou oral peut être utilisé comme traitement complémentaire pour stimuler les follicules encore actifs. Il ne contrôle pas l'inflammation.

Une greffe capillaire peut-elle être réalisée ?

Oui, mais uniquement lorsque la maladie reste complètement inactive pendant une période prolongée, généralement d'au moins deux ans. Si la maladie reste active, il existe un risque élevé de perdre également les cheveux greffés.

Que pouvez-vous faire au quotidien ?

Respectez strictement le traitement, rendez-vous aux consultations programmées, évitez de traumatiser le cuir chevelu, protégez la peau du soleil, évitez de manipuler les croûtes ou les zones enflammées et réalisez des photographies périodiques pour contrôler l'évolution.

Quand faut-il consulter rapidement ?

Vous devez consulter si apparaît une chute progressive des cheveux accompagnée de démangeaisons ou de brûlure, si vous observez des plaques sans cheveux, si vous remarquez une rougeur persistante du cuir chevelu, si le traitement cesse de contrôler les symptômes ou si la perte de cheveux progresse rapidement.

Plus le traitement est commencé tôt, plus les chances de conserver les follicules sont grandes.

Mythes et réalités

  • Mythe : C'est une alopécie identique à l'alopécie androgénétique. Réalité : Non. Le lichen plan pilaire est une alopécie cicatricielle inflammatoire.
  • Mythe : Quand les démangeaisons disparaissent, la maladie est déjà guérie. Réalité : L'inflammation peut se poursuivre même si les symptômes sont minimes. Un suivi spécialisé est nécessaire.
  • Mythe : Les cheveux repousseront quand l'inflammation aura cessé. Réalité : Seuls les follicules pas encore détruits peuvent se récupérer.
  • Mythe : C'est une maladie contagieuse. Réalité : Non. Elle ne peut pas se transmettre entre personnes.
  • Mythe : Les shampoings spéciaux guérissent la maladie. Réalité : Les shampoings peuvent soulager certains symptômes, mais ne remplacent pas le traitement médical.

Les points essentiels à retenir

  • Le lichen plan pilaire est une alopécie cicatricielle d'origine immunomédiée.
  • Il produit une inflammation autour du follicule, qui peut le détruire de façon irréversible.
  • Les symptômes les plus fréquents sont la chute des cheveux, les démangeaisons, la brûlure et la rougeur du cuir chevelu.
  • La trichoscopie et la biopsie permettent de confirmer le diagnostic.
  • Le traitement cherche à arrêter l'inflammation et à préserver les follicules encore actifs.
  • Le diagnostic précoce est fondamental pour éviter une perte permanente de cheveux.

Questions fréquentes

Y a-t-il une guérison ?

Actuellement, il n'existe pas de guérison définitive, mais bien des traitements efficaces pour contrôler l'inflammation et stabiliser la maladie.

Les cheveux perdus peuvent-ils se récupérer ?

Seulement ceux correspondant à des follicules encore viables. Les zones cicatricielles ne produisent plus de cheveux.

Aurai-je besoin d'une biopsie ?

Dans de nombreux cas oui, car elle aide à confirmer le diagnostic et à orienter le traitement.

Est-ce une maladie fréquente ?

Non. Elle est beaucoup moins fréquente que l'alopécie androgénétique.

Peut-il réapparaître ?

Oui. Il peut présenter des périodes d'activité et de stabilité.

Le stress provoque-t-il le lichen plan pilaire ?

Il n'est pas considéré comme la cause, bien qu'il puisse influencer l'évolution de certaines maladies inflammatoires.

Puis-je teindre mes cheveux ?

Généralement oui, tant que le cuir chevelu ne présente pas d'inflammation importante et que le médecin l'autorise.

Aurai-je besoin d'un traitement pendant des années ?

Souvent oui. Le suivi prolongé est habituel pour maintenir la maladie sous contrôle.

Peut-il s'associer à d'autres alopécies ?

Oui. Certains patients présentent simultanément une alopécie androgénétique.

A-t-il un bon pronostic ?

Cela dépend de la rapidité du diagnostic. Un traitement précoce augmente considérablement les chances de conserver les cheveux.

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